Naphte
2026
In girum imus nocte et consumimur igni
« Nous tournons en rond dans la nuit et nous sommes dévorés par le feu »
Matériaux : verre, métal, huile à moteur.
Dimensions : Installation de 3 x 3 mètres
Quand on construit une maison on sait comment elle est faite, son squelette, sa charpente, sa finition. Parler du corps c’est parler de quelque chose qu’on ‘’connaît’’ dans lequel on ‘’habite’’ sans l’avoir construit. J’ai un sentiment étrange d’habiter quelque chose que je ne connais pas. L’existence est pour moi une découverte perpétuelle et je la négocie en société, avec les autres et dans cette œuvre.
Cette installation est composée de pièces soufflées monochromatiques installées au mur et au sol. Le tout est un assemblage de formes sombres semblant être animées de l’intérieur. Les formes suggèrent volontairement le corps que l’on habite dans une teinte pétrolière. Les gaz fossiles sont consituté d’organisme vivants putréfiés, ce liquide sacré composé d’organismes éteints forme la source de la palette de couleur dans ce travail Le choix de cette couleur, le noir, veux représenter ce pétrole, ce sang noir, ce sont la faune et la flore putréfiée, liquéfiée, de millénaires anciens. Ce liquide est le témoignage de l’incroyable puissance de notre passé. D’un écosystème réduit en huile, que l’on consomme sans son caractère sacré, mais qui est constitué d’être vivants. Les formes soufflées qui en surgissent y sont donc volontairement corollaires à des plantes, des animaux, des coquillages, des artefacts.
Mon installation rassemble relique et organe, opérant un retour à une brutalité existentielle où les matériaux suintent, se dégradent et se consument . La pièce centrale sur l’huile à moteur semble reprendre vie, désire retrouver sa forme originelle. Autour du désir, de l’image, du capital et du regard : comme le papillon attiré par sa propre lumière, je vois l’humanité se consumer dans ce qu’elle produit. Pour moi, exister est une expérience étrange et toujours nouvelle ; je n’ai pas construit le corps que j’habite, je n’ai pas choisi cette matière, et pourtant c’est par elle que je pense, que je désire et que je produis. L’incarnation devient ainsi le cœur de mon installation, non comme représentation du corps, mais comme mise en présence d’une condition : être pris dans une matière vivante, périssable et transformable, et reconnaître que toute culture, toute image, tout objet naît de cette étrangeté première d’être au monde.
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When you build a house, you know how it's made, its skeleton, its frame, its finish. To speak of the body is to speak of something we "know," something we "inhabit" without having built it. I have a strange feeling of inhabiting something I don't know. Existence is, for me, a perpetual discovery, and I negotiate it in society, with others, and in this work.
This installation is composed of monochromatic blown pieces installed on the wall and floor. The whole is an assemblage of dark forms that seem to be animated from within. The forms intentionally suggest the body we inhabit in a petroleum hue. Fossil gases are made up of putrefied living organisms; this sacred liquid, composed of extinct organisms, forms the source of the color palette in this work. The choice of this color, black, is meant to represent this petroleum, this black blood; it is the putrefied, liquefied fauna and flora of millennia past. This liquid is a testament to the incredible power of our past. It represents an ecosystem reduced to oil, consumed without its sacred character, yet composed of living beings. The blown forms that emerge from it are thus intentionally linked to plants, animals, shells, and artifacts.
My installation brings together relic and organ, enacting a return to an existential brutality where materials ooze, degrade, and consume themselves. The central piece, installed onto a bed of motor oil, seems to come back to life, yearning to reclaim its original form. Around desire, image, capital, and the gaze: like a moth drawn to its own light, I see humanity consumed by what it produces. For me, existence is a strange and ever-new experience; I did not build the body I inhabit, I did not choose this material, and yet it is through it that I think, desire, and produce. Incarnation thus becomes the heart of my installation, not as a representation of the body, but as the presentation of a condition: being caught in a living, perishable and transformable material, and recognizing that every culture, every image, every object is born from this initial strangeness of being in the world.